Père nourricier et mère protectrice

C’en est certainement fini de l’époque où tel ouvrier déclarait fièrement : « Ce travail est mon père nourricier et ma mère protectrice ».

Qu’est-ce que le travail était valorisé à l’époque! Chacun en retirait un épanouissement à tout point de vue. Le poste ou la nature du travail importait peu. On était fier de donner du sens à sa vie grâce à son métier.

On avait toutes les raisons de s’en vouloir si on perdait ce travail. A priori on se considérait soi-même comme coupable.

Trouver du travail était une fin pour laquelle on consacrait son existence.

C’était la belle époque…

 

pixabay.com
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Les meilleurs amis étaient les collègues de travail. On se considérait comme frères. Le temps passait sans qu’on s’en rende compte. Pourtant on avait toujours le temps de s’occuper de sa famille et de goûter aux délices de la vie.

Que du bonheur !

On n’était pas peu fier. On jugeait que la mission qu’on accomplissait était presque divine. La devise était : « l’homme mangera à la sueur de son front ».

Comment a-t-on pu perdre tout ça?

 

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Tout ou presque a radicalement changé. D’abord il y a l’apparition de nouveaux concepts. On préfère parler d' »emploi »  plutôt que de « travail ».

On ne prend plus plaisir à faire son travail. C’est une corvée dont on aimerait se débarrasser au plus vite.

Disparu le père nourricier.  Dans certains foyers,  c’est à peine si les revenus permettent de satisfaire les besoins élémentaires. Des millions de personnes à travers le monde sont des travailleurs pauvres.

Disparue la mère protectrice. Les conditions de travail se sont tellement dégradées qu’on s’en sort au mieux avec un Burn Out. Dans le pire des cas, on est amené à se suicider sur le lieu même où autrefois on s’épanouissait.

Les meilleurs amis sont de moins en moins les collègues. On s’en méfie d’autant plus qu’ils sont des potentiels rivaux.

Dommage qu’on en soit arrivé là.

 

 

4 commentaires sur “Père nourricier et mère protectrice

  1. Un sujet très intéressant que tu aborde là, comme d’habitude! c’est vrai que tout ça a disparu, le monde du salariat et du secteur tertiaire est passé par là…
    Il fut un temps dans certaines civilisations africaines où on était organisé en corporations solides, voire même en castes. En ce temps, le travail était tout, le travail était l’homme.
    Tu remarqueras, dans la même logique, qu’on ne parle plus d’apprenti et de maitre non plus. Les choses ont bien changé.

  2. Très intéressant ton billet, et il décrit bien la réalité.
    Je pense que de nos jours, tout ce qui importe aux gens, surtout aux grands c’est l’argent: dépenser le moins possible (d’où le salaire de misère des travailleurs) pour un plus grand profit.
    Dès que tu fais un faux pas, tu risques de te faire virer et de ne pas trouver de travail.

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