Des mots qui auront marqué 2014

Quelque part au sud du Sahara, l’année 2014 (et même le début de l’année en cours) a été riche en terminologie politique. Allons droit au but et voyons quels sont ces termes qui ont suscité tant de controverses.
1.Recensement
Ah! c’est peut-être le mot de l’année. Cristallisant les passions et les attentions. Les uns lui attribuant bienfait sur bienfait dont la possibilité de connaître exactement qui est citoyen et qui ne l’est pas. Les autres jugeant inopportun d’envisager pareille opération moins de deux ans avant la date butoir de l’élection présidentielle.
2.Mandat
Comme l’a dit un jour un célèbre Gondwanais lambda, il existe plusieurs sortes de mandat. Il y a le mandat-poste par lequel on vient financièrement en aide au cousin resté au village.
Mais le mandat dont il est question ici s’écrit avec un « m » majuscule. Mandat entendu comme période de temps pendant lequel on jouit de tous les avantages liés à un règne sans partage. Qui s’interdirait de rêver de ça?
La controverse a tourné autour du nombre des mandats consécutifs qu’un un individu devrait accomplir.
3.Constitution
C’est censé être la mère de toutes les lois. De mémoire, on ne connaît pas une période comparable à la nôtre où les gens en ont fait une chose sacrée. Touche pas à ma Constitution, qu’ils disent.
Ce à quoi un faucon du parti au pouvoir a répondu : « Modifier la Constitution c’est aussi la respecter ».
On a frôlé l’hécatombe lorsque les deux avis en sont venus à s’affronter dans la rue.

4.Glissement
D’après un célèbre dictionnaire, glissement désigne l’action de glisser c’est-à-dire de perdre l’équilibre ou de déraper.
Vous est-il arrivé une fois de perdre l’équilibre et de tomber de tout votre long? Je ne sais pas. Ce dont je suis sûr, vous vous esclaffez toutes les fois où vous vous en souvenez.
Mais quand les politiques s’emparent du mot « glissement », ce n’est pas pour nous raconter des histoires drôles dans une ambiance bon enfant.
J’ai cru comprendre que de leur point de vue « glissement » veut dire effondrement d’un cycle électoral: non tenue de l’élection présidentielle à la date prévue et prolongation de fait d’un mandat présidentiel.
On a eu de cesse d’entendre des déclarations du genre : «Nous craignons le glissement du calendrier électoral».
Quand un cycle électoral s’effondre donc, ça n’amuserait personne sauf ceux qui sont autour de la  « mangeoire ».
5.SMS
C’est un acronyme pour « Short Message service » (ou Service des courts messages pour les francophones).
Quel est le rapport avec la politique, me demanderez-vous. Figurez-vous que quand le maelstrom politique faisait tanguer la nation entière, il a été décidé de suspendre l’envoi et la réception des SMS depuis n’importe quel téléphone. Visiblement, cela n’a pas suffi de s’en prendre violemment à des manifestants anti-régime. Il fallait leur priver de tout moyen de communiquer efficace et pas cher.

6 commentaires sur “Des mots qui auront marqué 2014

  1. ah oui! il y a peut-être aussi « opposition-pouvoir » et enfin, « peuple. » Tout le monde en effet, agirait au nom du peuple. du coup, il y aurait probablement le peuple vu par chacune des ces factions de la société subsaharienne. pas alors un seul peuple dans un pays, mais plusieurs! Bravo frero!

  2. Et on voit comme bien des mots se sont beuacoup éloignés de leur sens originelle. Il y a même un certain dévoiement des sens. Tout particulièrement le mot « Mandat » et « Glissement ». Humm

  3. « Modifier la constitution c’est aussi la respecter », drôle de slogan quand on sait l’intention de ceux qui scandent cela. En tout cas au sud du sahara on est capable de tourner les mots dans tous les sens pour défendre ses intérêts politiques. Merci pour cette revue des mots.

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