Parlons des opposants

J’ai souvent eu à reprocher à mon collègue mondoblogueur William Fotso Fonkam du Cameroun sa dureté envers les opposants africains. Pour une fois je vais aussi m’attaquer à ces hommes, dont l’objectif est de faire tomber président fondateur de son piédestal sans passer par la case du maquis.
Sachez, chers Messieurs les opposants, que votre noble combat ne vous exempte pas d’un devoir d’exemplarité.
Voici, résumé en quelques phrases, le message que j’aimerais vous faire passer.

L’ennemi de mon ennemi n’est pas forcément mon ami

Quand on veut absolument arriver au pouvoir, on croit parfois que n’importe qui peut être un allié dans la mesure où il en veut au régime en place. Le cas de l’opposant guinéen Cellou Dalein Diallo est révélateur de ce type de calcul politicien. Ce qui a inspiré le tweet ci-après à un fils du continent:

Pareille faute va à coup sûr vous discréditer aux yeux de vos concitoyens. Il ne viendrait à l’idée de personne de serrer la main du diable au motif que l’évêque local n’est pas à la hauteur de sa fonction.

Un succès sans successeur est un échec

Être opposant n’est ni une profession ni un titre de noblesse, dont on doit être paré jusqu’à sa mort. Après des dizaines d’années de lutte infructueuse, il y a lieu de céder sa place à la jeune génération. Vous n’êtes pas moins tenu de penser à votre succession que le gars qui tient fermement les rênes du pouvoir. En tout cas les opposants camerounais John Fru Ndi et congolais Étienne Tshisekedi doivent laisser s’ouvrir les débats sur leur possible remplacement à la tête de leurs partis respectifs. Cela n’enlèverait en rien le mérite qu’ils ont d’avoir fait vaciller les différents régimes dictatoriaux de leurs pays.

La meilleure défense, c’est l’attaque

Pourquoi attendre toujours une attaque (décision ou sortie médiatique) du président fondateur pour enclencher une discussion ? Obliger-le donc à devoir se défendre aussi afin de mettre en lumière ses faiblesses. Prenez l’initiative d’ouvrir les débats. Emparez-vous pour ce faire d’un large éventail des thèmes de société ( mariage, emploi de jeunes, immigration, sport, genre, intégrisme religieux…). S’il vous plaît cessez de vous borner à parler de ce qui est strictement politique (  Nous en sommes déjà assez lasssé). Ainsi vous aurez remarqué que Monsieur le satrape n’a rien à dire de cohérent à propos de ce qui ne regarde pas la politique. Dans ce cas vous aurez marqué des points et votre image ne s’en trouvera que grandi.

On n’est jamais mieux servi que par soi-même

Dans la mesure où l’accès aux médias nationaux vous est refusé la plupart du temps, servez-vous des possibilités offertes par le web2.0. De nos jours il vous est possible de tenir un meeting depuis votre chambre d’hôtel. Par conséquent, ne ménagez aucun effort pour envoyer au moins un tweet par jour ou publier un billet de blog toutes les deux semaines.

Le ridicule tue

Cessez de vous faire passer pou un bouffon de la République, un personnage d’autant plus excentrique que les Guignols de l’info ne verraient pas l’intérêt de lui consacrer une seconde, un type loufoque obnubilé par l’argent… En tout cas  le discours de chaque opposant doit chercher à se démarquer de ce qui est ci-dessous rapporté :

Ne Muanda Nsemi propose la prolongation du mandat de Kabila de 3 ans, pour lui Kabila doit rester jusqu’en 2019, en…

Posted by CODE 243 on samedi 11 juillet 2015

 

5 commentaires sur “Parlons des opposants

  1. J’ai toujours trouvé ridicule ces z’opposants qui dénoncent la longévité des monarques au pouvoir, mais qui depuis la création de leurs partis sont eux-mêmes les seuls leaders. Le cas Fru Ndi n’est qu’un exemple parmi tant d’autres au Cameroun. En fait, aussi loin que remonte ma mémoire, un seul parti a déjà changé de leader plusieurs fois (le MANIDEM). Avec ça on a du mal à leur accorder le moindre crédit.

    Je d’accord avec toi sur tout la ligne (tu t’en doutes bien 😀 ), nos opposants devraient essayer de changer de stratégie. On va finir par croire qu’ils se plaisent à être des éternels opposants.

    1. Et comment! Tout comme les camérounais sont fatigués d’assiter à l’eternel match Biya-Fru Ndi, les togolais en ont marre du match Faure-Fabre et les Rd.congolais ne veulent plus trop du match Kabila-Tshisekedi.

      1. On a même fini par déduire qu’ils ne sont pas adversaires, mais plutôt complice! Fru Ndi nous distrait avec son semblant d’opposition pendant que son ami nous déplume et s’éternise au pouvoir.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.