Un Lushois chez les Abidjanais (deuxième partie)

Crédit photo : wikimédias commons

Au sortir du hall, les premiers mots qu’il eut à l’adresse de Patrice furent : « vous avez un très bel aéroport, mon ami ».

  • Ah ! ouais, fit Patrice pas assez convaincu.

Pour en arriver à cette conclusion, le Lushois faisait la comparaison avec les seuls aéroports internationaux de son pays (Kinshasa et Lubumbashi) : aucune connexion au WIFI, pas assez de magasins de souvenir, une tracasserie administrative hors du commun…

« Pour venir chez moi, il faut d’abord le vouloir », songea-t-il.

C’est alors que vint le moment de faire connaissance avec une dame aux traits d’asiatique, souriante volontiers :

  • Bonjour, je m’appelle Vony Cherry. Je viens de Madagascar.
  • Ça alors ! et moi qui vous prenez pour une chinoise !
  • Ah oui ! ben, il faut dire que mes ancêtres viennent du sous-continent chinois.
  • Je m’appelle Guy Muyembe et voici mon partenaire Patrice Koffi.

Le Lushois apprit quelques instants plus tard que la Malgache venait à Abidjan dans le même cadre que lui : participer à l’Africa Web Festival, le plus grand événement du genre organisé sur le continent. Raison pour laquelle ils montaient à bord du même taxi loué par l’hôtel à leur profit.

  • Il y a le wifi à bord de ce taxi, fit le chauffeur, sentez-vous à l’aise !
  • Tiens ! J’avais justement envie de lire mes mails et faire un tour sur Facebook.

Intérieurement, le Lushois était émerveillé. Lui, qui était accro à internet, se voyait pour la première fois offrir du wifi gratuit à bord d’un transport en commun.

« Chez moi le taxi de ce genre, ça n’existe pas ».

Pendant ce temps, le véhicule déboulait sur l’avenue Valery Giscard D’estaind.

« Dans ce pays les rues portent encore les noms des chefs d’Etat de l’ancien pays colonisateur. Impensable chez moi », songea-t-il.

Vers les années 70, toutes les rues de la République démocratique du Congo avaient été tout simplement débaptisées. Aucune d’elle ne devait porter le nom d’un ressortissant de la Belgique, ancien pays colonisateur. C’était la mise en pratique de ce qui fut appelé « la Zaïrianisation ».

Après quelques minutes de navigation sur la toile, il leva les yeux de l’écran de son smartphone.

  • Je pense que je n’ai plus envie de naviguer, dit-il à l’adresse de tout le monde, je désire voir Abidjan
  • C’est vrai, s’exclama Vony, moi non plus je ne peux pas surfer et voir en même temps Abidjan !

Tout au long du trajet, les trois passagers prirent le temps de briser la glace et de trouver des centres d’intérêt commun : nourriture, vin, danse et internet. Ils avaient des personnalités différentes mais assez complémentaires pour les rapprocher. Vony, souriante et dotée d’un sens de la communication élevé. Patrice, calme mais bon vivant. Guy, timide mais assez curieux pour avoir des atomes crochus avec toute personne dotée d’une bonne humeur. Cela promettait des virées nocturnes et diurnes mémorables.

 

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