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Eseka: les réseaux sociaux sont ils à blâmer?

Le vendredi 21 octobre a été surnommé « vendredi noir » par les camerounais à cause du drame d’Eseka. Il s’est dégagé une certaine unanimité quand il s’est agi de déplorer ce drame. A ma connaissance personne ne s’est publiquement réjouit de ce que des centaines de pauvres gens ont perdus leurs vies.
La controverse est née par rapport à la responsabilité des pouvoirs publics et ceux qui les incarnent dans la survenue de l’accident. Les réseaux sociaux (unique moyen d’expression libre dans un pays soumis à la dictature) s’en sont mêlés et ça s’est très vite emballer. Les uns ont vu dans cette dérive des utilisateurs de ces nouvelles technologies la preuve qu’elles sont juste bon à encourager la sédition. D’autres ont pensé qu’on pouvait mieux faire derrière son écran de smartphone ou d’ordinateur. La camerounaise Anne-Marie Befoune a répertorié une série de tweets « pourris » et en a exprimé son indignation.
Je ne suis pas de ceux qui blâmeraient les réseaux sociaux en dépit de tout ce qui y a été fait (folles rumeurs, injures publiques, blagues douteuses…). Ce, pour trois raisons.

Le cas du Cameroun n’est pas sans précédant
Lors de la série d’attentats ayant touché la France depuis la fin de l’année 2015, des folles rumeurs ont toujours circulé sur les réseaux sociaux. Des publications racistes y ont été postées. Des tweets appelant au meurtre ont été publiés. On en dirait autant d’autres pays qui ont vécu des événements similaires.
Non, le Cameroun n’est pas le premier à faire face à l’emballement de ses twittos.

Seul exutoire des frustrations des citoyens


Si j’étais dirigeant camerounais, je me serais exclamé : « heureusement les réseaux sociaux sont là ! »
Ces moyens de communication permettent aux citoyens de crier leur colère sans descendre dans la rue et sans casser. Les frustrations endurées par les camerounais (à l’instar des autres peuples d’Afrique) sont nombreuses et on ne doit pas s’attendre que ceux-ci restent indéfiniment sans réaction.

L’incurie des autorités


On devrait s’interroger sur la réponse des autorités face à la circulation des rumeurs et autres trucs toxiques sur Twitter, Facebook et Whatsapp. Il est de notoriété publique que ceux qui nous représentent n’ont jamais été les champions de la communication tous azimuts. Et quand un événement du genre de celui d’Eseka survient, leur première reflexe est celui de démentir ou alors de minorer son importance. On ne doit pas s’attendre que tel utilisateur de Twitter lambda se garde de relayer telle fausse information alors que du côté des pouvoirs publics c’est silence radio.

Il y a tellement à dire par rapport à ce qui s’est passé ce jour-là au pays de Paul Biya. Je ne m’étalerais pas sur le fameux communiqué (ou décret) de celui-ci signé à Yaoundé au moment où il résidait en Suisse depuis des mois.
Je termine par cette question : les réseaux sociaux ont-ils signé un accord avec la société camerounaise stipulant que rumeurs et injures y sont bannies ?

1 commentaire sur “Eseka: les réseaux sociaux sont ils à blâmer?

  1. Billet lu et relu. Je ne pense pas avoir parlé de rumeurs. Mon billet soulignait trois points : les photos de victimes mutilées publiées sur internet, les insultes au président de la république qui sont possibles de prison et l’information diffusée sur un ton humoristique.

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